Salon du disque 2019

« Confluences Musicales »… Quel joli nom !

Il porte en lui l’idée du mélange, de l’union, de la jonction des origines.

J’ai la chance d’avoir beaucoup voyagé, de voyager encore et d’ailleurs, j’écris ces lignes d’ailleurs, de Patagonie précisément. Mais en définitive, où que l’on soit, rien ne transporte plus ailleurs que la musique. Ça relève de la grande évasion, de cette évasion universelle qui s’accommode de toutes les provenances géographiques, ethniques, sociales, religieuses ou de toute autre différence.

Par exemple, de passage au Pakistan, j’ai été bouleversé par les chants soufis de Nusrat Fateh Ali Khan. J’ai été emporté par la fièvre Gnawa, au Maroc, ou soufflé par une tornade cuivrée au fin fond de la Serbie. J’ai été ému aux larmes par le flamenco callejero des gitans à Càdiz et par un gospel surpuissant dans une église sud-africaine, à Port-Elisabeth.

Dans mes vertes années, le séisme rock de la Mano Negra m’a retourné quand dans le même temps, celui de Kortatu ou le reggae de Bob Marley m’éveillaient. Je fus comme envoûté, plus tard, par un sitar au bord du Gange à Rishikesh, et voilà qu’aujourd’hui je succombe à la langueur du tango argentin. Je pourrais poursuivre l’énumération des styles et des innombrables courants qui font de la musique ce grand fleuve sur lequel nous naviguons tous, la conclusion serait la même : Elle est le confluent, ce point de rencontre de l’humanité toute entière, d’un langage commun.

Ici comme partout la musique soulève et transporte en emmenant toujours dans ses bagages une infinité de paysages. Il est même préférable, parfois, de fermer ses yeux pour mieux les contempler et se laisser inviter au voyage.

La musique est aussi à la confluence des sentiments, des émotions, d’une infinité de sources intérieures enfouies ; elle les fait jaillir et converger, mille énergies différentes, mille états d’âmes exprimés pour atteindre le cœur. Le mien toujours. Et par bonheur elle est partout !

À Mont de Marsan, cité connue de tous temps pour la jonction de ses rivières et terre de cuivres festifs s’il en est, nous avons vu déferler, au siècle dernier, la vague rageuse du punk. Ce torrent de son saturé a transformé l’identité de la ville au point qu’elle en résonne encore depuis, et régulièrement. Ce mixage musical, jamais démenti, toujours poursuivi, en a changé le destin des ses berges. Combien de concerts de combien de musiques y ont été entendus depuis ? Combien encore à venir ?

En voilà un de plus ce weekend et pourvu que ça dure !

Vive la convergence des flûtes !

Patrick DAUGREILH

Salon du disque / Confluences Musicales / Mont-de-Marsan
© Laurent LARROQUE